Un F-22 au-dessus du Japon. Source : US AIr Force
Un F-22 au-dessus du Japon. Source : US Air Force

Le chasseur bombardier furtif F-22 « Raptor », le plus sophistiqué de l’arsenal aérien des Etats-Unis, a été utilisé pour la première fois au combat mardi (voir les photos du raid) 23 septembre lors des frappes aériennes menées en Syrie contre des djihadistes, notamment ceux de l’Etat islamique, a indiqué mardi un responsable militaire américain. Les F-22 employés ont notamment détruit un centre de commandement et de contrôle.

Grâce à sa très faible signature radar, le F-22 peut attaquer sans être repéré et il a largué mardi des munitions guidées par GPS, a précisé le général William Mayville, directeur des opérations de l’état-major interarmées lors d’un point de presse au Pentagone.

« En Syrie, la furtivité du F-22 (il est dit habituellement que sa signature radar dans des conditions optimales est équivalente à celle d’une bille d’acier) est une vraie plus value dans la mesure ou l’armée de l’air syrienne est encore active (Un SU-24 syrien aurait récemment été abattu par Israël) et que Damas dispose de systèmes anti aériens modernes », souligne la revue Air&Cosmos.

Un avion controversé

Le chasseur furtif de 5ème génération F-22 ( le Rafale français est un chasseur dit de génération 4 +) a été développé par la société américaine Lockheed Martin, avec des sous-traitants comme Boeing, afin de remplacer les chasseurs vieillissants F-15.

La production du F-22 a commencé en 1999 et il a été livré à l’US Air Force (USAF, l’armée de l’air américaine) à partir de 2002. Le dernier l’a été en 2012. Plus de 190 F-22 ont été au total fournis à l’USAF.

Le F-22A Raptor a fait l’objet de vives controverses, avec les défenseurs et les détracteurs à profusion. D’une part, l’appareil offre une gamme complète de furtivité, des capacités de radars et de capteurs révolutionnaires, une capacité double air-air et air-sol de SEAD (Suppression des défenses aériennes ennemies), la capacité de vol de croisière au-dessus de Mach 1 sans postcombustion, une super maniabilité … et un taux d’échec ridiculement faible dans les exercices contre les meilleurs chasseurs américaMais les critiques mettent en avant son prix – 190 millions de dollars en moyenne par appareil -, ses capacités trop limitées, et le fait qu’il paralyse la structure de la force globale de l’USAF.

Les alliés proches comme l’Australie, le Japon et Israël, et d’autres alliés comme la Corée, ont pressé les Etats-Unis d’abandonner leur politique de « non exportation » de ce chasseur. Ce qui aurait élargi la flotte de F-22 et donc permis de baisser son coût moyen mais le Congrès américain l’a refusé, arguant du caractère très sensible des technologies de cet appareil de pointe.

Du fait de son coût élevé, la commande initiale de 438 F-22 pour un coût d’environ 45 milliards de dollars par l’USAF, a été réduite en 2010 et sa production plafonnée.

Des questions de sécurité ont aussi plombé le F-22, notamment en 2011, lorsque l’ensemble des F-22 ont été cloués au sol pendant quatre mois après que les pilotes se sont plaints d’avoir des étourdissements et un manque d’oxygène dans le cockpit.

Cette première mission réussie en Syrie mettra-t-elle fin aux critiques ?