Drapeaux français et de l’Union européenne.

Mesdames, Messieurs les candidats aux élections présidentielles et législatives,

Les débats de la Présidentielle n’accordent pas, jusqu’à présent, la place qu’il conviendrait de lui donner à l’enjeu européen. Et pourtant, il y a une réelle urgence à aborder cette question. La France a besoin d’une Europe forte politiquement, économiquement et socialement pour assurer son avenir et protéger sa souveraineté. Repliée sur elle-même, elle court au suicide.

Le chômage massif et la grande pauvreté en France, l’isolement voire la solitude de pans entiers de la population, ne pourront se résorber sans une économie européenne prospère, sans une ouverture des agricultures, des industries et des services français aux marchés européens et mondiaux. Contrairement à tous les discours idéologiques, notre patriotisme économique ne peut être qu’un patriotisme français ET européen.

Sur le plan politique, l’Europe a besoin de la France. Pour cette raison, les Européens observent attentivement l’élection présidentielle. C’est une chance pour nous, Français… Mais, tout autant, la France ne peut rester la France sans l’Europe. Les Français ont besoin d’une vision européenne de la France ! Avoir une certaine idée de la France, c’est souhaiter qu’elle reprenne le leadership européen. Mais un leadership collectif !

L’Europe ne pèse plus suffisamment face aux Etats-Unis, à la Russie et à la Chine : l’Union européenne reste un nain politique. L’Union n’est pas à la hauteur du séisme provoqué par le Brexit. Avec le Sommet de Rome le 25 mars 2017, 60 ans après la création de l’Union, la montagne Europe risque d’accoucher à nouveau d’une souris…

Doit-on se rappeler les tragédies de notre histoire pour se convaincre que seule l’Union européenne peut freiner la montée des populismes et des nationalismes qui ont toujours conduit aux guerres meurtrières en Europe ? L’arrivée au pouvoir d’un parti d’extrême-droite dans un des 28 (demain 27) Etats membres de l’Union européenne, aujourd’hui possible, serait destructrice.

Bref, la crise économique, politique, morale de l’Europe appelle une réforme profonde de l’Union Européenne : trop complexe, trop bureaucratisée, trop éloignée des citoyens, l’Europe des 28 doit se relancer de l’intérieur, sans quoi les peuples européens s’en détourneront irrémédiablement.

Nous appelons solennellement le prochain Président de la République française à prendre l’initiative, dans les cent jours qui suivront son élection, d’organiser un Sommet européen extraordinaire (et non informel) des chefs d’Etat, de gouvernements et des Parlements européen et nationaux destiné à relancer l’Union politique, économique et sociale de l’Europe. Pourquoi pas à Strasbourg, capitale européenne, et qui constitue une Eurométropole avec sa voisine allemande de Kehl.

Un noyau dur de pays stratégiques ou volontaires, le couple franco-allemand en tête, avec – sans exclusive – la Belgique, l’Espagne, la Finlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, mais aussi les grandes régions et métropoles qui jouent un rôle clé dans la dynamique européenne, doivent provoquer un tel Sommet, premier acte d’un sursaut historique.

Répondre avec force aux préoccupations premières des Européens est la priorité : simplifier radicalement le fonctionnement institutionnel et administratif de l’Union, créer un gouvernement économique de la zone euro, relancer l’Europe de la défense, créer une police européenne de gestion des frontières, développer et élargir le programme Erasmus aux lycéens, aux jeunes en formation professionnelle et aux entreprises, lancer un plan social européen de lutte contre le chômage et la pauvreté, créer des zones franches libres d’impôts dans les régions, villes et campagnes en difficulté ou abandonnées. Telles sont quelque unes des décisions à prendre au plus vite.

Frapper un grand coup politique, pour répondre notamment au Brexit, est l’autre urgence : sur le plan le plus délicat, celui de l’architecture institutionnelle de l’Europe, nous ne sommes pas pour une Europe à plusieurs vitesses. Il n’y a qu’une Europe : l’Union européenne, adossée au Conseil de l’Europe, notre Maison commune des valeurs et des droits de l’homme.

Mais dans cette Union si chèrement bâtie, les Etats membres volontaires doivent pouvoir prendre des initiatives politiques communes quand leurs intérêts et leur vision du monde les y conduits.

Créons en cent jours l’électrochoc qui pourra relancer la France et l’Europe dans le monde.

Sans Europe plus unie, il n’y aura pas de France plus forte.

Mesdames, Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, engagez-vous à faire de la relance de l’Europe politique, économique et sociale une priorité des cent premiers jours de votre quinquennat !

Et comme nous, votez Europe !

 

Par Edouard Pflimlin et Michel Taube

 

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