Un Rafale de Dassault au décollage, en 2007. Source : Dmitry A. Mottl
Un Rafale de Dassault au décollage, en 2007. Source : Dmitry A. Mottl

Le marché mondial de la défense a battu un record de ventes en 2015, et boosté les exportations de la France qui devrait se hisser au rang de numéro deux d’ici deux ans, selon la revue spécialisée Jane’s. « Le marché mondial de la défense n’a jamais vu une croissance aussi importante que celle observée entre 2014 et 2015 » et « la France est de loin la grande gagnante à l’heure actuelle », affirme Ben Moores, analyste senior à l’institut britannique IHS-Jane’s. Le secteur de la défense a connu en 2015 « une année record » à 65 milliards de dollars, indique Jane’s dans cette étude publiée à l’occasion d’Eurosatory, le salon international de défense et de sécurité.

Cette progression s’explique par l’instabilité de régions comme le Moyen-Orient et la mer de Chine méridionale, où l’on assiste à une croissance du total des dépenses de défense. « De nombreux Etats tentent d’influencer l’issue des événements au Moyen-Orient mais aussi en mer de Chine méridionale où des pays tentent de protéger leurs intérêts face à la Chine », explique Ben Moores. Selon Jane’s, le marché de la défense a ainsi progressé de 6,6 milliards de dollars en 2015 par rapport à l’année précédente et devrait poursuivre sur sa lancée en 2016, pour s’établir à 69 milliards. Et si les Etats-Unis restent solidement installés en haut du podium avec 23 milliards de dollars d’exportations – une hausse de 10 % – c’est l’industrie française d’armement qui a le mieux profité de ce rebond des marchés de défense après des années de vaches maigres.

Commandes doublées

En quatrième position parmi les poids lourds du secteur, Paris a doublé son carnet de commandes à l’exportation, qui est passé de 36 à 55 milliards de dollars entre 2014 et 2015, estime Jane’s. Cette augmentation signifie que la France va dépasser la Russie, l’Allemagne « pour devenir le deuxième plus grand exportateur mondial d’équipements de défense » dès 2018, estime-t-elle.

« La France a relancé son industrie de défense et bénéficié de ventes régulières plusieurs années consécutives », a souligné Ben Moores selon lequel « 2014 et 2015 ont été les meilleures années pour la France depuis des décennies ». Selon le décompte de la Jane’s, Paris a vendu pour 26 milliards de dollars d’équipements de défense au cours des deux dernières années, soit 8 milliards en 2014 et 18 milliards en 2015. Et cette tendance se poursuit en 2016, avec notamment l’appel d’offres remporté par le français DCNS pour un méga-contrat estimé à 34 milliards d’euros pour la construction de 12 sous-marins en Australie.  Pour l’heure, la France est en quatrième position derrière l’Allemagne, elle-même passée de la cinquième à la troisième place en 2015, tandis que le Royaume-Uni a reculé d’une place pour devenir le cinquième plus grand exportateur d’armes.

Selon Ben Moores, Paris a profité de l’effacement relatif des Etats-Unis au Moyen-Orient, alors que la région est en tête du palmarès en termes d’importations d’armements, avec 21,6 milliards de dollars. La France a ainsi vendu des avions de combat Rafale à l’Egypte et au Qatar, mais aussi des BPC Mistral (navires porte-hélicoptères) et des frégates Fremm au Caire. L’Arabie Saoudite est ainsi le premier pays en termes d’importations d’armes (9,3 milliards de dollars d’importations), selon Jane’s, devant l’Inde (4,3 milliards), l’Australie (2,3 milliards) et l’Egypte (2,2 milliards). Ainsi, « la valeur combinée des importations de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis dépasse celles de toute l’Europe de l’Ouest réunies », pointe Ben Moores.

Là encore, la France est bien positionnée, et arrive ainsi en troisième position en termes d’importations dans la région derrière les Etats-Unis et le Canada mais devant le Royaume-Uni.

Source : AFP