Le porte-hélicoptères Izumo, le 16 août 2013. Source : Sourcehttp://p.twipple.jp/4UvLq   - Auteur : Dragoner JP
Le porte-hélicoptères Izumo, le 16 août 2013. Source : Source http://p.twipple.jp/4UvLq – Auteur : Dragoner JP

C’est un géant des mers qui vient d’être commissionné dans les forces d’autodéfense maritimes (FAD) japonaises, la marine de guerre du Japon. Avec ses 248 mètres de long, le porte-hélicoptères Izumo (DDH-183), appelé destroyer porte-hélicoptères pour des raisons politiques, est le plus grand navire de la marine militaire nippone actuelle et le plus important depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Il va renforcer les FAD maritimes. Forte de 45 000 hommes, la marine est une des plus puissantes d’Asie. Elle comprend notamment 18 sous-marins et 43 destroyers.

Par ses dimensions, il rappelle le porte-avions français Charles de Gaulle, qui toutefois mesure 261 mètres. Mais il dépasse largement l’actuelle classe Hyuga, dont les porte-hélicoptères ne font que… 197 mètres et 19 000 tonnes contre 24 000 tonnes à pleine charge pour l’Izumo. Son moteur et ses deux hélices développent 112 000 chevaux de puissance !

Il a surtout une capacité opérationnelle supérieure : avec 470 hommes d’équipage, le navire peut emporter 14 hélicoptères, dont 7 SH-60k anti-sous-marins et 7 Agusta Westland MCM-101 de lutte contre les mines.

Il est officiellement chargé de missions de surveillance du territoire et d’aide humanitaire. Il s’agit notamment de lutter contre la menace  croissante des sous-marins chinois.

L'Izumo, le 25 mars 2015. Source : Guntai Channel
L’Izumo, le 25 mars 2015. Source : Guntai Channel

Un futur porte-avions ?

Mais le navire, qui a coûté près d’1,2 milliard de dollars et a été budgété en 2010, mis sur cale le 27 janvier 2012 et lancé en août 2013, peut aussi emporter des avions Bell-Boeing V-22 Osprey, appareil hybride à rotors basculants, mélange entre un hélicoptère classique et un avion de transport de troupes, et pourrait déployer des avions de combat furtifs de cinquième génération F-35 dans la version à décollage vertical, version B.

Toutefois, le Japon a commandé pour le moment 42 de ces appareils d’origine américaine mais dans leur version classique pour l’armée de l’air japonaise.

Cela suffit cependant à inquiéter les voisins du Japon, en réalité surtout la Chine communiste qui s’inquiète des capacités retrouvées du Japon à construire et éventuellement déployer ultérieurement des porte-avions.

Le futur porte-avions chinois Liaoning, l'ancien porte-avions soviétique Varyag, à quai à Dalian pour travaux en 2011. Source : Yhz1221
Le futur porte-avions chinois Liaoning, l’ancien porte-avions soviétique Varyag, à quai à Dalian pour travaux en 2011. Source : Yhz1221

Il n’en demeure pas moins que c’est la Chine qui déploie dans la région, hormis les Etats-Unis, l’unique porte-avions, le Liaoning, et en construit  un deuxième. Le Liaoning, avec ses 65 000 tonnes à pleine charge et ses 304 mètres de long, peut emporter au moins 26 chasseurs Shenyang J-15 et Hong Ying J-18 et 22 hélicoptères, selon l’ouvrage Flotte de combat 2012.

Il est cependant clair qu’avec le DDH-183, qui sera complété en 2017 par un autre navire, le DDH-184, le Japon se dote des moyens de projeter sa puissance, ce qui correspond à la volonté du parti au pouvoir, le parti Libéral-démocrate dirigé par le Premier ministre Shinzo Abe, de donner au pays les moyens de défendre ses intérêts et jouer un rôle plus actif dans la région.

Selon le ministre de la défense japonais Gen Nakatani, le navire, qui sera basé à Yokosuka, permettra de mener des opérations combinées impliquant les branches aériennes, terrestres et maritimes des forces d’autodéfense. « Le navire devra avoir des fonctions de commandement pour de telles opérations. C’est pourquoi (l’Izumo) doit être aussi grand », insiste-t-il.

Edouard PFLIMLIN