Maquette 1/1 du drone Dassault Neuron au salon du Bourget 2009.
Maquette 1/1 du drone Dassault Neuron au salon du Bourget 2009.

« Paris et Londres ont donné le coup d’envoi des études industrielles pour un futur drone aérien de combat franco-britannique à l’horizon 2030, avec pour maîtres d’œuvre Dassault Aviation et BAE Systems », a rapporté mercredi 5 novembre l’AFP.

Les délégués à l’armement des deux pays, Laurent Collet-Billon et Bernard Gray, ont officiellement remis aux PDG des deux groupes, Eric Trappier et Ian King, les contrats d’études de « la phase de faisabilité du Système de combat aérien futur » (FCAS – Future Combat Air System) lors d’une cérémonie au siège de l’avionneur français, à Saint-Cloud, près de Paris.

Le ministère de la Défense français explique sur son site que : « L’engagement conjoint, d’un montant de 120 M£ (150 M€) également répartis entre les partenaires, est complété par des études nationales lancées en parallèle, pour un montant d’environ 40 M£ (50 M€) par pays. Cette phase de faisabilité conjointe de deux ans qui débute aujourd’hui portera plus particulièrement sur les architectures de drones de combat, sur certaines technologies-clés et sur la définition des moyens de simulation destinés à valider les choix techniques et les concepts d’emplois. La France comme le Royaume-Uni mettront également à profit l’expérience acquise dans le domaine des drones aériens de combat avec les démonstrateurs technologiques Neuron et Taranis, projets conduits respectivement par Dassault-Aviation et BAE Systems. »

L’étude de deux ans, souligne la revue de défense DSI, posera les fondations sur lesquelles un programme conjoint à long terme sera bâti, en insistant sur deux points clés :

  • Le développement de concepts pour un système opérationnel,
  • La maturation des principales technologies nécessaires à un futur système aérien de combat sans pilote à bord (UCAS) à vocation opérationnelle.

A l’issue de ces deux ans, « des travaux pourraient débuter pour développer un démonstrateur technologique d’UCAS (Unmanned Combat Air System, drone de combat aérien) à même de répondre aux futurs besoins militaires des deux nations », a indiqué Dassault Aviation. Avec comme perspective la mise au point d’un drone de combat « capable à l’horizon de la décennie 2030 d’effectuer notamment des missions d’observation et de surveillance, d’identifier des cibles et d’effectuer des frappes en territoire hostile », selon le ministère de la Défense britannique.

Outre les deux groupes français et britannique, qui interviendront comme « systémiers », Rolls-Royce et Safran seront en charge de la propulsion tandis que Selex ES (groupe Finmeccanica) et Thales travailleront sur l’électronique embarquée et les senseurs

RESTER DANS LA COURSE

Pour les industriels impliqués de part et d’autre de la Manche, l’enjeu est également de ne pas se laisser distancer dans le domaine des drones de combat, par les Américains en particulier, et de préserver une « capacité souveraine de supériorité aérienne de nouvelle génération », selon Dassault Aviation. Dassault, qui fabrique l’avion de combat français Rafale, a déjà développé un drone furtif baptisé Neuron, un démonstrateur destiné à tester et développer des technologies qui vont justement servir au futur FCAS.

De son côté, Ian King, le patron de BAE Systems, qui a développé le Taranis, un drone homologue du Neuron, a estimé que « ce contrat marque un jalon majeur dans le partenariat qui lie nos deux nations, gouvernements et industries ».

Le ministère de la Défense français explique que : « La signature de ces contrats FCAS marque un nouveau succès pour la coopération franco-britannique qui bénéficie depuis 2010 de la dynamique impulsée par les traités de Lancaster House. Elle fait suite à l’engagement pris lors du Sommet franco-britannique de Brize Norton en janvier 2014 entre le Président François Hollande et le Premier ministre David Cameron, et l’accord étatique signé par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et son homologue britannique à l’occasion du salon de Farnborough en juillet 2014. Elle intervient à l’issue d’une phase préparatoire de deux ans qui a réuni sur ce projet ambitieux Dassault Aviation et BAE Systems comme systémiers, Thales et Selex ES pour l’électronique embarquée et les senseurs, ainsi que Safran et Rolls-Royce pour la propulsion ».

« Avec le projet FCAS, c’est l’avenir de notre industrie aéronautique dans le domaine des aéronefs de combat qui se joue ».