Drone X-37 B. Source : NASA.
Drone X-37 B. Source : NASA.

Le drone spatial secret de l’armée de l’air américaine, le « X-37B orbital test véhicule » (véhicule orbital d’essai), qui selon les experts pourrait inaugurer une nouvelle ère pour l’espionnage, devrait revenir sur terre cette semaine à l’issue de sa troisième mission, la plus longue à ce jour, a indiqué, mardi 14 octobre au soir, à l’Agence France Presse (AFP) une source proche du dossier ayant requis l’anonymat. C’est la troisième mission en orbite (OTV-3) du X37-B, lancé le 11 décembre 2012 depuis la base militaire de Cap Canaveral en Floride. Les deux premières missions avaient duré 225 et 469 jours respectivement. Celle-ci est nettement plus longue et a duré 22 mois, soit quelque 670 jours.

L’armée de l’air reste très discrète sur les détails comme les objectifs de sa mission. Le X37-B a été conçu pour l’armée de l’Air par United Launch Alliance, co-entreprise de Boeing et de Lockheed Martin. Des experts avancent que ce petit engin de cinq tonnes et de 8,9 mètres de long pourrait faire partie d’un programme d’espionnage ultra moderne, suggérant que ce vol pourrait être utilisé pour approcher des satellites d’autres pays.

Ce programme est un exemple de l’avance prise par les Etats-Unis en matière de drones militaires du futur. En effet, en matière de drones de combat, l’Amérique est loin devant ! Le développement de ces engins sans pilotes est une priorité. Le ministère de la défense américain a publié fin décembre 2013 sa feuille de route concernant l’avenir de drones militaires, décrivant un plan sur 25 ans pour « retirer l’homme de la guerre sans humains », pour ne citer que l’un des points les plus marquants du rapport. Selon le Département de la défense, acquérir plus et de meilleurs drones de combat est crucial pour le succès futur de l’armée américaine. Le plan expose la stratégie du gouvernement pour savoir comment rendre les systèmes modernisées sans pilotes « omniprésents sur le champ de bataille», cela alors même que le budget de la défense subira des coupes de 487 milliards de dollars cours de cette décennie.

Un X-47B atterrit sur le porte-avions USS Theodore Roosevelt (CVN 71) le 14 novembre 2013, dans l'océan Atlantique. Source : MCSN John M. Drew, US Navy
Un X-47B atterrit sur le porte-avions USS Theodore Roosevelt (CVN 71) le 14 novembre 2013, dans l’océan Atlantique. Source : MCSN John M. Drew, US Navy

Le Pentagone a, dès 2001, développé un programme de drones de combat. Après diverses péripéties, il a abouti au programme X-47B de la société Northrop Grumman. Et l’été dernier, le X-47B UCAS (Unmanned Combat Air System) est devenu le premier avion sans pilote à décoller et atterrir sur un porte-avions américain, ce qui était aussi une première mondiale !

Par ailleurs, en matière de bombardement stratégique à long rayon d’action, « le 9 juillet un appel d’offre a été publié pour le développement et la construction d’un nouveau bombardier long rayon d’action en remplacement du B-2A Spirit », rapportait le 11 juillet 2014 Air & Cosmos. Prendra-t-il la forme d’un drone ? Le mystère demeure.

Et l’Europe ?

« Le programme de futur drone de combat européen prend forme ! », soulignait le 15 juillet la revue Air & Cosmos. « Le ministre de la défense français se rendra le 15 juillet au salon aéronautique de Farnborough au Royaume-Uni. Il y signera un accord de coopération franco-britannique pour le programme FCAS DP (Future Combat Air System Demonstration Program). Cet accord définira les termes de la coopération portant sur la préparation du lancement du programme de démonstration de drones de combat en 2016. Selon le ministère de la défense, cet accord engagera un degré de coopération sans précédent avec les Britanniques sur le futur de l’aviation de combat en Europe. »

Le démonstrateur technologique d'UCAV européen nEUROn en vol. Source : Dassault Aviation - A. Pecchi.
Le démonstrateur technologique d’UCAV européen nEUROn en vol. Source : Dassault Aviation – A. Pecchi.

« Cette décision, qui s`inscrit dans la dynamique des Accords de Lancaster House (Novembre 2010) [qui ont conduit à un troisième sommet franco-britannique, le 31 janvier 2014], donne une nouvelle dimension aux études conjointes déjà entreprises dans ce cadre : Dassault Aviation et BAE Systems, chefs de file du projet, ont travaillé, avec leurs partenaires Safran, Rolls-Royce, Thales et Selex, à la réussite de cet ambitieux programme de R&T. Cette décision valorise également les investissements nationaux réalisés ces dernières années, notamment dans le démonstrateur de drone de combat nEUROn« , indique encore Air & Cosmos.

« L’étude de faisabilité pour le développement conjoint d’un avion de combat sans pilote par le Royaume-Uni et la France devrait être achevée d’ici à 2016 ». expliquait, après la signature de l’accord le 15 juillet, le Financial Times.

Mais l’Europe a pris beaucoup de retard par rapport aux Etats-Unis. Pourra-t-elle le rattraper… ?